Historique du Katorza


Le 26 novembre 1898, Salomon Kétorza adresse un courrier au Maire de Nantes pour prévenir de l’installation de sa baraque pour la foire d’hiver, 27m de long sur 8m de profondeur. Un train de 14 wagons est nécessaire pour la transporter ! Il s’agit d’un cinéma ambulant avec un orgue "remplaçant 140 musiciens" et un moteur "remplaçant 50 chevaux", l’histoire du Katorza peut démarrer !

ketorza forain

train ketorza

Né en 1863 en Tunisie, Salomon se promène donc avec son cinéma sur rails et se rapproche régulièrement de Nantes, il va ainsi marquer de son nom une ville, un lieu et toute une cinéphilie.

Il transformera ainsi l'Elysée Graslin (devenu Petit Casino puis Cinéma Théâtre Variétés puis Femina) en caf’ conc’ rebaptisé Katorza le 04 juin 1920.

Sa femme y improvisera au piano la musique des films.

Salomon Kétorza
meurt le 08 septembre 1928.

café katorza

Le cinéma en place passe aux mains des familles Gouguenheim et Heitzeberg, ce dernier meurt dans un accident d’auto et c’est sa compagne, Melle Nouaille qui prend les rênes du lieu.

Les cinémas sont pleins, le bar du Katorza accueille du monde et le cinéma évolue comme son confort.

code clients

bombardement de nantes

16 septembre 1943, les bombardements sur Nantes détruisent totalement le Katorza.

mme nouaille et warner

Adrien Gouguenheim, victime du nazisme, ne reviendra jamais rue Corneille et c’est Melle Nouaille qui fera reconstruire le cinéma qui réouvre ses portes seulement le 30 avril 1951.
pub katorza La belle époque du Katorza démarre alors avec les grandes évolutions du cinématographe comme par exemple le Cinémascope qui après Londres et Paris arrive rue Corneille !

les révoltés du bounty

"L’écran nouveau est arrivé d’Amérique, roulé dans son emballage spécial…" avant le 70mm quelques années plus tard sur un écran géant de 4m50 sur 11 où sera projeté Les Révoltés du Bounty de Lewis Milestone avec Marlon Brando. tramway

salle 2 katorza

Nantes compte en 1969, 21 salles de cinéma au centre et dans les quartiers.

Nantes a oeuvré pour le cinéma grâce aux Ciné-Club et autres Fédérations des amicales laïques, beaucoup de réalisateurs tournent à Nantes et dans sa région et viennent présenter leurs films au Katorza entre autres.

facade katorza

Ainsi les images de Roland Cassar, héros de Lola de Jacques Demy, se promenant rue Corneille face au Katorza restent à jamais inoubliables.

Après Melle Nouaille, dans les années 60 la famille Pineau reprend le Katorza et Jean-Serge son directeur va donner une image inoubliable à ce cinéma avec moult animations, cinéastes et festivals dont le Festival des 3 Continents créé par les frères Jalladeau.

boycott je vous salue marie

En 1985, la programmation du film de Jean-Luc Godard, Je vous salue Marie, créera le scandale avec tous les soirs un groupe d’intégristes qui prie à genoux devant le cinéma…
salle 2 katorza bleue Les années 80 verront le Katorza se tranformer en complexe avec 6 salles. En juin 1995, le groupe indépendant de l’Ouest, la Soredic (Société rennaise de diffusion cinématographique) rachète le Katorza à la famille Pineau. Le groupe Soredic dont l’activité d’exploitant de salle se nomme désormais Cinéville poursuit depuis maintenant plus de 10 ans le long travail de diffuseur de cinéma au Katorza en privilégiant radicalement le cinéma d’Art et d’essai.
Nombreux sont les réalisateurs qui reconnaissent la valeur de ce cinéma, dernièrement ce lieu a accueilli Pascale Ferran, Christophe Honoré, Bruno Dumont, Lucas Belvaux, Patrice Chéreau, Agnès Varda, Alain Guiraudie, Asia Argento, Tony Gatlif, Laurent Cantet, Fanny Ardant et de très très nombreux auteurs du monde entier grâce aux festivals de langues étrangères qui font la part belle aux auteurs d’aujourd’hui et de demain.

mon cinéma c'est le katorza